Côte d'Ivoire : face à la hausse des accidents, l'État serre la vis sur les motos et les tricycles

Les accidents ont augmenté de 7 % en août en Côte d'Ivoire. Motos et tricycles, impliqués dans 55 % des cas, sont dans le viseur des autorités
Les accidents de la route ont progressé de 7 % entre juillet et août. Le gouvernement cible d'abord les deux et trois roues, qui pèsent plus de la moitié des accidents.
Chaque jour, sur les routes ivoiriennes, des familles basculent. Et les chiffres du mois d'août ne rassurent pas : le nombre d'accidents est passé de 1 549 en juillet à 1 657 en août, soit une hausse d'environ 7 %. Réuni le 17 septembre sous la présidence d'Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité (CNS) a appelé à une vigilance accrue sur ce sujet.
Le CNS alerte, le ministère des Transports agit
Le CNS s'est réjoui de la baisse de plusieurs formes de criminalité, mais a relevé cette ombre au tableau. Il ne détaille pas, dans son communiqué, de nouvelles sanctions. Le durcissement vient du ministère des Transports, qui a annoncé le 18 septembre une série de mesures visant les engins à deux et trois roues.
Pourquoi les motos et les tricycles ?
Les données de l'Office de sécurité routière expliquent ce choix. Sur les 1 657 accidents d'août, environ 55 %, soit 908 cas, ont impliqué des usagers de deux et trois roues, avec un taux de tués de 33 %. Autrement dit, ces engins sont impliqués dans plus d'un accident sur deux, et le tiers des victimes mortelles sont des motards ou des conducteurs de tricycle.
Plus tôt dans l'année, un responsable des contrôles routiers parlait déjà en moyenne de quatre morts par jour depuis le 1er janvier. Il précisait qu'entre 33 et 35 % des victimes étaient des usagers d'engins à deux et trois roues, en raison notamment du non-port du casque.
Le confinement, puis l'immatriculation
Depuis le 7 septembre, l'opération « Épervier Spécial », menée avec les forces de l'ordre, permet de confiner à titre conservatoire les motos et tricycles circulant de manière irrégulière. Pour les récupérer, leurs propriétaires doivent accomplir les démarches de régularisation. Le CNS a salué le bon déroulement de cette opération.
Ensuite viendra une opération spéciale d'immatriculation, à partir du 15 octobre 2026, pour une durée de six mois. Elle s'adresse aux propriétaires des engins déjà confinés, mais aussi à tous ceux qui veulent mettre leur situation en règle. Les tarifs forfaitaires seront publiés plus tard par la Direction générale des Transports terrestres et de la Circulation. Pour des milliers de conducteurs, ce coût sera un point décisif.
Des outils déjà en place
Ces mesures s'ajoutent à un dispositif existant la vidéo-verbalisation, le permis à points, le renforcement des contrôles routiers et des sanctions contre les infractions graves, ainsi que la sensibilisation, sont déjà à l'œuvre. Le CNS avait aussi demandé, le 23 juillet, des contrôles techniques plus rigoureux et une lutte sans concession contre l'incivisme sur les routes.
Le défi reste de taille : après avoir atteint 14 234 accidents corporels en 2021, le pays était redescendu à 13 310 en 2023, avant que la courbe ne reparte à la hausse en 2024.
Contrôler, mais aussi convaincre
Reste une question que les autorités devront trancher : la contrainte suffira-t-elle ? Confiner un engin peut priver un conducteur de moto-taxi de son gagne-pain. Et une plaque d'immatriculation ne remplace ni un casque, ni une formation, ni du respect des feux tricolores. La réussite de cette stratégie dépendra de son équilibre entre sanctions, facilités de régularisation et pédagogie.
À retenir
Accidents : 1 549 en juillet, 1 657 en août 2026, soit environ 7 % de plus.
Les deux et trois roues sont impliqués dans 55 % des accidents d'août (908 cas), avec un taux de tués de 33 %.
Depuis le 7 septembre, l'opération « Épervier Spécial » confine les engins irréguliers.
Opération spéciale d'immatriculation de six mois à partir du 15 octobre 2026, avec des tarifs à venir.
Le CNS a appelé à la vigilance, tandis que les mesures sur les motos viennent du ministère des Transports.
